Abdou Diouf, 40 ans au coeur de l’état socialiste au Sénégal PDF

Il a également contribué à faire entendre la voix du Sénégal dans le monde, grâce à une diplomatie efficace et des participations remarquées aux grandes rencontres internationales. Il aura, en outre, beaucoup œuvré pour une plus grande unité entre les États africains, par le biais d’une coopération plus vive. Après des réformes internes importantes, il leur donnera une meilleure visibilité et une reconnaissance internationale, grâce à une action politico-diplomatique abdou Diouf, 40 ans au coeur de l’état socialiste au Sénégal PDF et une mise en avant des réseaux associatifs francophones.


Mody Niang consacre son cinquième ouvrage aux quarante ans d’Abdou Diouf  » au coeur de l’Etat socialiste « . Il suit pas à pas la  » Longue Marche  » qui a conduit le natif de Louga, de la fonction de gouverneur de région, à l’âge de 25 ans, à celle de président de la République, le Zef janvier 1981. Ce sont ses dix-neuf années de pouvoir que l’auteur passe minutieusement en revue, en faisant la part entre ce qu’il appelle l’envers et l’endroit de cette longue présidence. Abdou Diouf a incontestablement bonifié l’héritage qu’il a reçu de son prédécesseur, en renforçant notamment, de façon notable, la démocratie au Sénégal. Il a aussi su faire montre d’esprit de dépassement et de concession lors des nombreuses crises auxquelles son gouvernement était confronté. De l’avis de certains observateurs, il était un homme d’Etat qui entretenait des rapports très discrets avec l’argent. Malheureusement, il traînait aussi un grand défaut pour un chef d’Etat : son penchant à faire totalement confiance à un second qui exerçait pratiquement la réalité du pouvoir, et presque sans contrôle de sa part. Il en est résulté parfois des dérives, des actes caractéristiques de mauvaise gestion qui ont expliqué pour l’essentiel, avec l’usure du temps et la demande sociale non satisfaite, sa défaite cuisante du 19 avril 2000. Comme ses prédécesseurs, ce cinquième livre de Mody Niang bien documenté et agréable à lire, est écrit avec beaucoup de rigueur dans l’analyse.

Originaire de Louga, Abdou Diouf fils de postier, est très tôt envoyé chez sa grand-mère à Saint-Louis. Vers l’âge de 5 ans, Abdou Diouf suit des cours d’instruction religieuse à l’école coranique. Durant ces années, il s’implique dans le monde associatif. La même année, il réussit le concours de l’École nationale de la France d’outre-mer de Paris. Envisageant une carrière dans les finances publiques, il effectue un stage au ministère des Finances. Abdou Diouf démissionne de la fonction publique française et rentre à Dakar afin de se mettre à la disposition du nouvel État. Il commence sa carrière dans différents cabinets ministériels.

Il occupe très tôt de hautes fonctions administratives au Sénégal. En 1968, à la suite de la réélection de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf est nommé ministre du Plan et de l’Industrie. Il est chargé de piloter la réalisation du troisième plan mis en place par la République du Sénégal. Cela comprend l’industrie, l’agriculture, les infrastructures, l’éducation. C’est à cette époque que sont mises en place les négociations avec le Canada, comme partenaire, pour la création d’une École polytechnique à Thiès. En 1970, à la suite d’une révision constitutionnelle, la fonction de Premier ministre est créée et Abdou Diouf y est nommé à 35 ans, poste qu’il occupera pendant 10 ans.