Aristote de Bagdad: De la raison grecque à la révélation coranique PDF

Personnage emblématique dans aristote de Bagdad: De la raison grecque à la révélation coranique PDF culture musulmane, il représente la mystique dogmatique. Après la mort de son père, le jeune imam, encore mineur, s’installe dans la ville de Jardjâne.


Aristote de Bagdad: De la raison grecque à la révélation coranique

Al-Ghazali est encore jeune lorsque son père meurt, après avoir chargé un de ses amis soufis de s’occuper de l’éducation de ses deux fils. L’ami en question s’acquitte de cette mission jusqu’à épuisement des fonds légués par le père et conseille aux deux frères de s’inscrire dans une madrasa où les élèves suivent des cours et sont pris en charge matériellement. La mort d’al-Djuwaynî en 1085 voit s’achever la période d’apprentissage d’al-Ghazali – qui a alors 28 ans – et débuter celle de l’immersion dans la politique et de la fréquentation des allées du pouvoir. Avec l’intensification des affrontements militaire et intellectuel entre le sunnisme et le chiisme, entre le califat abbasside d’une part, et l’État fatimide et ses partisans et alliés dans le Machrek de l’autre, al-Ghazali se mobilise en publiant une série d’ouvrages de propagande à ce sujet, le plus important étant Les vices de l’ésotérisme et Les vertus de l’exotérisme. Vers 1095, Algazel, alors âgé de trente-huit ans et doutant de ses dires précédents, traverse une crise spirituelle qui dure plus de six mois et que l’on peut résumer en un affrontement violent entre la raison et l’âme, entre le monde d’ici-bas et celui de l’au-delà. De même, les moyens de parvenir à la connaissance sont : les sens, la raison et l’inspiration.

Les influences soufies sont nombreuses et fortes dans la vie d’al-Ghazali. Tombe Haruniyeh, nommée d’après Harun ar-Rachid. Al-Ghazali regagne Bagdad en 1097 et continue à vivre comme un soufi dans le ribat d’Abou Saïd de Naysabur, qui se trouve en face de la madrasa Nizamiyya. En 1104, al-Ghazali reprend ses fonctions à la madrasa Nizamiyya de Naysabur, à la demande du ministre seldjoukide Fakhr al-Mulk, après quelque dix années d’absence. Il continue néanmoins à vivre la vie des soufis et à écrire. Tus, sa ville natale, où il poursuit la vie de renoncement des soufis et l’enseignement. C’est ainsi qu’il coule le reste de ses jours, jusqu’à sa mort en 1111.

Al-Ghazali est en accord avec les jurisconsultes et les théologiens quant à une prétendue unicité et l’éternité de Dieu, un dieu sans substance ni forme, qui ne ressemble à aucune chose et auquel aucune chose ne ressemble, un dieu omniprésent, omniscient et omnipotent, un dieu doué de vie, de volonté, d’ouïe, de vue et de parole. Ghazali distingue deux mondes, celui-ci, qui est éphémère, et l’autre qui est éternel. C’est dans cet univers que vit l’être humain, créature faite d’une âme immortelle et d’un corps éphémère. L’être humain n’est ni bon ni mauvais par nature, encore que sa disposition naturelle soit plus proche du bien que du mal.