Et si je racontais un mensonge ? PDF

Et si je racontais un mensonge ? PDF  ou  l’Âme de l’Âge d’Argent , Anna Akhmatova demeure aujourd’hui encore l’une des plus grandes figures féminines de la littérature russe. L’œuvre d’Akhmatova se compose aussi bien de petits poèmes lyriques, genre qu’elle contribue à renouveler, que de grandes compositions poétiques, comme Requiem, son sombre chef-d’œuvre sur la terreur stalinienne.


Filou pose sans arrêt des questions à ses parents. La discussion est toujours animée : on rigole, on ne sait pas, on n’est pas d’accord, on s’impatiente… Heureusement, Filou a un ami, l’oiseau Filo, qui vient parler tous les soirs avec lui. Et si je racontais un mensonge : Au téléphone, Papa dit un mensonge à Mamie. Filou a tout entendu. Pas question de laisser passer ça : on lui a toujours dit qu’il ne faut pas mentir…

Akhmatova est née à Bolchoï Fontan, près d’Odessa, troisième des six enfants d’un père ingénieur de marine. En 1890, la famille s’installe à Tsarskoïe Selo, où Anna reste jusqu’à l’âge de 16 ans. Elle grandit dans un milieu aisé, apprend très tôt le français à Tsarskoïe Selo. Après la séparation de ses parents en 1905, elle vit avec sa mère et ses frères et sœurs. Au cours de ses études, elle rencontre le poète Nikolaï Goumilev, qu’elle finit par épouser en 1910, après qu’il lui ait fait une cour assidue.

Nikolaï Goumilev et Anna Akhmatova, en 1916, avec leur fils, Lev Goumilev. Akhmatova, Ossip Mandelstam et Goumilev, qui a fondé le mouvement, deviennent les animateurs de l’acméisme, qui rompt avec le symbolisme, en privilégiant la simplicité et la concision dans la langue. Ils sont bientôt rejoints par d’autres auteurs. Après avoir repris des études de littérature à Saint-Pétersbourg, elle publie son premier recueil intitulé Le Soir en 1912 qui connaît un grand succès.

Elle se lie d’amitié, parfois plus, avec de nombreux artistes de l’époque, tels qu’Alexandre Blok et Boris Anrep. Ses manières aristocratiques et sa rigueur artistique l’ont fait apprécier au sein du cercle des acméistes qui l’honorent des titres de  Reine de la Neva  et d’ Âme de l’Âge d’Argent , nom sous lequel sera connue cette période dans l’histoire de la poésie russe. Le recueil suivant La Foule blanche paraît en 1917, mais sa diffusion souffre des événements de l’époque. Elle refuse par la suite les propositions d’union de Boris Pasternak.

Akhmatova est condamnée comme élément bourgeois et sa poésie interdite de publication dès 1922 et pour plus de trente ans. Elle témoigne du siège de Léningrad. Cependant, ses poésies ne cessent jamais de se diffuser de manière clandestine par le bouche à oreille et dans les samizdats. Après la mort de Staline, en mars 1953, Akhmatova est lentement réhabilitée et réapparaît progressivement sur la scène littéraire soviétique. Elle poursuit alors la composition de ses ouvrages les plus importants, Poèmes sans héros et Requiem, des œuvres en hommage aux victimes de la terreur stalinienne.