Faut-il réinventer le logement social et populaire en Europe? : Le rôle des associations PDF

Sauter à la navigation Sauter à la faut-il réinventer le logement social et populaire en Europe? : Le rôle des associations PDF Le catholicisme social est un courant de pensée qui a été à l’origine de très nombreuses créations. Seconde Guerre mondiale ne posent la question de sa place et de son avenir dans une société de plus en plus sécularisée et dans un monde où de nouvelles problématiques sont apparues. Adhésion ou opposition à la Révolution nationale ? Le spectacle de la misère ouvrière a amené un certain nombre de personnalités catholiques à réfléchir sur un projet global de société qui donne réponse à la question sociale.


Qu’il soit dénommé HLM à Lyon, Social Housing à Londres, Habitatge protegit à Barcelone ou encore casa popolare à Rome, entre marché et précarité, confronté à la pénurie de l’offre, aux incertitudes de ses modes de financement et d’accès aux couches sociale précaires, l’avenir du logement social et populaire apparaît très incertain… Avenir d’autant plus incertain d’autant que les enjeux se font plus centraux et que le nombre de mal logés (ou de pas logés du tout) augmente régulièrement en Europe. Pour autant, des formules alternatives au logement social de masse sont-elles en cours de réinvention et quels peuvent être ici les apports de la recherche, en tant qu’outil de production de connaissance. Face à cette situation d’incertitude généralisée, des acteurs des quatre ville concernées ainsi qu’une équipe de chercheurs ont tenté de répondre, au cours d’un séminaire européen tenu le 14 avril 2005 a l’ENTPE
de Vaulx-en-Velin. Leurs interventions nous éclairent sur le rôle toujours croissants des associations, ce  » capital social des sociétés post-industrielles  » (A. Giddens) dans le renouvellement du genre qui peur sembler sur de nombreux points, à  » bout de souffle « . Évolution qui de fait, remet en question les frontières de la compétence professionnelle légitime, ainsi que les contours du métier traditionnel de bailleur social. Qui fait quoi aujourd’hui dans ce secteur ? Qui a compétence sur quoi ? Qui est et comment devient-on un joueur significatif, un interlocuteur valable à même de peset réellement sur la résolution du  » problème public  » logement social ?

Ces chrétiens vont élaborer des théories mais aussi proposer des mesures concrètes et des actions à entreprendre. Dès les années 1820, sous la Restauration puis sous la Monarchie de Juillet, les structures économiques et sociales de la France ne sont pas encore profondément modifiées par l’industrialisation. Le contexte, pour l’Église de France, est encore celui du traumatisme de la Révolution : elle est tournée essentiellement vers une reconstruction interne. Mais ses cadres sont vieillis et divisés, ses fidèles, peu nombreux et peu croyants.

La minorité de catholiques qui s’intéresse alors à la question ouvrière, est dispersée et provient de multiples horizons qu’on peut classer en deux courants de pensée politiques différents. Société d’Économie charitable  se détache comme chef de file du mouvement catholique social des milieux légitimistes. Tous ces catholiques dits libéraux,  qu’ils voient dans les libertés de 89 un fait irréversible ou qu’ils les jugent porteuses de valeur, ont en commun le refus de l’autorité sans partage, l’attachement aux règles du droit, la méfiance envers un État dont les institutions représentatives et les corps intermédiaires ne limitent pas le pouvoir. Ils se rapprochent du peuple, ont conscience de ses besoins. Entre ce catholicisme libéral et ce qui sera véritablement le catholicisme social, Ozanam fait le lien et en ce sens joue un rôle essentiel. C’est surtout dans ses articles pour l’Ère nouvelle, le journal fondé par Henry Maret, de Coux et Lacordaire entre 1848 et 1850, qu’il précise certaines de ses idées, dénonce avec force  ceux qui ont trop  alors que le plus grand nombre n’a rien.

L’Ère nouvelle, affaiblie par des difficultés financières et les attaques de certains évêques, ne tarde pas à disparaître. Ses rédacteurs les plus clairvoyants comme Maret et Ozanam s’en écartent tout en n’abandonnant pas leurs idées. Quant au journal L’Univers, longtemps organe du catholicisme libéral, il devient, sous la direction de Louis Veuillot, l’organe des catholiques intransigeants. La période de 1848 à 1870 marque le pas en France sur le sujet social, c’est un temps de réaction politique et sociale de la part d’une grande majorité des catholiques. Prado en 1860 au cœur du quartier ouvrier de La Guillotière pour accueillir et éduquer de jeunes enfants de familles déshéritées, restent encore isolées mais en font eux aussi des pionniers du catholicisme social. Avant 1870, ce  premier  catholicisme social français provenant de cellules fort diverses et dispersées, représenté par quelques personnalités philanthropiques et figures charismatiques, ne parvient pas à intéresser à ses efforts la masse des catholiques. Ceux-ci sont rendus aveugles par leur incompréhension totale du problème social et, à partir de 1848, par la crainte du danger socialiste.

L’expérience lancée par ces précurseurs, avec ses points positifs et malgré ses hésitations et ses impasses, a frayé la route et apparaît comme une préfiguration du mouvement plus ample qui atteint d’autre pays européens et qui va se développer en France à partir de 1871, avec un ancrage politique majoritairement conservateur. Contrairement à ce qui se passe en France entre 1848 et 1870, des voix au sein des communautés chrétiennes s’élèvent dans d’autres pays européens comme en Allemagne, avec les Congrès catholiques, ou en Belgique avec les Assemblées catholiques de Malines, etc. Maison où prit naissance le premier Cercle catholique ouvrier à Paris en 1865, dans le 14e arrondissement. Il s’agit en fait de contribuer à une rechristianisation en même temps qu’à la défense des intérêts matériels et moraux du monde ouvrier.