Jouer… : Le jeu dans le développement, la pathologie et la thérapeutique PDF

The following error occurred: You have used invalid syntax. Please contact the jouer… : Le jeu dans le développement, la pathologie et la thérapeutique PDF with any queries. Paul Cézanne, Les Joueurs de cartes.


Jouer… cette activité si spontanée, si simple en apparence, si partagée par tous s’avère, en réalité, une expérience complexe. Le joueur met en œuvre dans le même mouvement sa curiosité, ses connaissances et ses procédures cognitives, sa motricité, sa vie affective, ses représentations, ses logiques intra-psychiques, sa relation à l’autre… Et la clinique nous montre, à chaque étape de la vie, que cette pleine expérience du jouer ne va jamais de soi : il est des enfants qui ne jouent pas, ou si peu, ou si bizarrement… Ce livre réunit des psychanalystes, psychologues, psychiatres, psychomotriciens, sociologues, philosophes, linguistes, artistes… qui ensemble explorent la spécificité des processus en jeu dans le jeu. Il interroge le jouer dans le développement, depuis l’éveil à la vie psychique du tout-petit jusqu’aux processus de vieillissement chez les seniors, en passant par l’âge d’or du jeu dans l’enfance et par les enjeux cruciaux de ses transformations à l’adolescence et à l’âge adulte. Cet ouvrage s’attache à la compréhension des aspects psychopathologiques du jeu autant qu’à l’utilisation thérapeutique des diverses formes du jeu comme vecteur de changement pour le patient (en psychothérapie, dans le psychodrame, en psychomotricité ou dans les groupes thérapeutiques). Véritable carrefour à la croisée de plusieurs disciplines, ce livre réunit des auteurs venus d’horizons différents qui échangent et confrontent leurs points de vue sur le thème du jeu et sur le processus même du jouer dans une approche pluridimensionnelle.

Sur le plan de la politique de la santé, le débat s’articule autour de deux conceptions opposées. Divers pays prennent en compte le problème du jeu pathologique. En Suisse, la dimension morale et sociale du jeu a été prise en compte lors du débat politique sur l’ouverture des casinos. En France se développe un intérêt pour le développement d’un modèle de jeu maîtrisé et responsable. La Française des Jeux, qui détient le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout le territoire français, a été l’une des premières loteries à avoir obtenu la certification  Jeu Responsable de l’association European Lotteries . On ne mesure pas la pathologie d’un joueur simplement par le montant d’argent qu’il dépense au  jeu . Un individu à l’aise financièrement peut jouer d’importantes sommes d’argent sans que cela représente un problème pour lui.

Il n’existe pas une cause en particulier. Chaque joueur a ses propres raisons de jouer. Mais dans la plupart des cas, la personne essaie de détourner l’attention d’autrui ou de démontrer un sentiment de malaise. Certaines personnes jouent parce qu’elles ressentent la nécessité de succès spectaculaire. Ces personnes auront par exemple appris, souvent dans leur famille, qu’on est aimé et estimé des autres pour ce que l’on fait, pour nos succès, plutôt que pour ce que l’on est. D’autres expriment, par le comportement de jeu compulsif, de la colère ou de la rébellion. Ceci est basé sur l’assomption que le jeu est un comportement qui sera perçu par la famille et les autres comme déviant et dérangeant.

Certains sont en quête d’une libération d’un état de dépendance émotive par la recherche d’une activité qu’ils peuvent contrôler. De nombreuses personnes qui ont un problème avec le jeu compulsif, jouent dans le but de fuir des émotions douloureuses. Par exemple, les joueurs dépressifs peuvent ressentir un regain d’énergie ou une libération d’endorphine en jouant. Ensuite, le jeu demande de l’attention, ce qui a pour effet de distraire l’individu de ses problèmes. Des recherches récentes tendent à démontrer ce que de nombreux cliniciens avaient déjà observé, à savoir qu’il se développe chez certains joueurs une véritable dépendance physiologique au jeu. Les réponses neurologiques accompagnant l’anticipation et l’expérience de gains et de pertes monétaires ont été imagées par résonance magnétique. Régions touchées : nucleus, SLEA et hypothalamus.

Il est supposé, à la lumière de cette recherche et de certaines autres, que plus l’exposition au jeu est longue et fréquente, plus le risque d’une dépendance physiologique est élevé. Différents neuro-transmetteurs, tels l’endorphine et la dopamine, semblent jouer dans cette dépendance un rôle tout aussi important que pour la dépendance aux drogues neuro-stimulantes comme la cocaïne. La distorsion serait due à plusieurs éléments. De petits lots apparaissent régulièrement mais les lots significatifs sont beaucoup plus rares. Ceci pourrait être considéré comme conforme aux probabilités mais ce n’est qu’une apparence. Du moins, c’est ce qui s’est produit sur les riverboats américains. Un taux de retour supérieur serait encore plus addictif.

50 000 appareils au Québec pour avoir quelques sièges de libres pour les nouveaux clients. Ainsi, plus le taux de retour est élevé, plus il y a risque que l’appareil crée des joueurs pathologiques. D’autres éléments de la programmation participeraient à cette distorsion cognitive. Entre autres, celui de simuler un processus mécanique.

Le joueur devant son écran a ainsi l’impression d’être devant des rouleaux mécaniques qui tournent et qui s’arrêtent comme si leur mouvement était déterminé mécaniquement. Pour Leblond,  l’objectif de ces mouvements pseudomécaniques est de favoriser l’impression fausse qu’il y a dans les ALV une mécanique qui s’exerce en fonction des lois physiques . Les images qui s’affichent, le bouton d’arrêt ou le manche ne sont là que pour induire les gens en erreur puisqu’ils n’ont en fait aucun contrôle sur l’issue du jeu. De plus, il est aussi important de ne donner aucun repère sur le temps de jeu ou les sommes dépensées par le joueur. Celui-ci doit oublier le temps qui passe devant ces machines et l’argent qu’il y a dépensé. En fait, ces machines seraient presque des  minis-casinos . Un second point important de l’étude de ce chercheur conclut au caractère iatrogène des messages du type  jouez avec modération  ou  pour que le jeu demeure un jeu.

Une fois que la dépendance psychologique est installée, il est illusoire de croire que l’on puisse contrôler les dommages en faisant appel à la modération. Une aide clinique professionnelle est nécessaire. Selon ses travaux, le postulat initial selon lequel le joueur espère gagner s’inverse : le joueur pathologique ne jouerait peut-être pas pour gagner mais pour perdre. Ces deux visions ne sont pas antagonistes, elles coexistent. Aujourd’hui on remet en question l’idée que le fait de s’adonner à des jeux de hasard et d’argent représente une activité ludique et récréative. L’arrivée massive des machines à sous et autres appareils électroniques de  jeux  a beaucoup modifié l’image que représentaient autrefois les jeux de hasard et d’argent. S’adonner aux machines à sous et autres appareils de loteries électroniques ne semble pas représenter pour la majorité des joueurs une activité récréative et ludique.

On s’adonnerait à ces jeux populaires d’abord dans le but d’y gagner de l’argent, et rapidement certains tomberaient dans le piège de l’addiction. Si l’industrie du gambling a beaucoup évolué depuis vingt-cinq ans, il semble que le discours des experts en matière de jeu pathologique n’ait guère lui évolué depuis l’époque de Dostoïevski. Ceux-ci ne prendraient pas suffisamment en compte les développements technologiques qui ont eu cours au sein de cette industrie. Besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré.

Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu. Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu. Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d’autres pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu. Commet des actes illégaux tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d’argent pour financer la pratique du jeu.

Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu. L’expression  jeu excessif  a été créée et popularisée par le psychologue, professeur et chercheur québécois Robert Ladouceur de l’Université Laval, au Québec. Cette expression se veut moins péjorative que celles de  jeu compulsif  et  jeu pathologique . La majorité des travaux de ce chercheur ont été financés par l’industrie des jeux de hasard et d’argent, des services corporatifs et Loto-Québec en particulier. Pour certains, la légalisation des jeux d’argent au Québec est faite sans considération éthique ou morale.