L’art du paysage PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? L’Atelier du peintre l’art du paysage PDF une huile sur toile de Gustave Courbet.


L’immense culture de Kenneth Clark – historien d’art anglais – et la beauté de son style nous entraînent dans les paysages qui ont inspiré peintres, graveurs et enlumineurs, des feuillages de manuscrits du Moyen Age aux lumières du Nord, des verts bleutés de la Sainte-Victoire de Cézanne aux recherches sur la perspective et la couleur de la Renaissance italienne, en passant par Turner ou Van Gogh. Tout au long de cette promenade, la nature se révèle à nous comme une composante essentielle de l’histoire de l’art et de notre sensibilité.

Son titre complet est : L’Atelier du peintre. Cette toile est en apparence une scène de genre du type portrait de groupe mais dont l’artiste a ici cassé les codes. Elle est divisée en trois parties : au centre, l’artiste, avec derrière lui, un modèle nu. Le tableau, qui est une allégorie — réelle ou rêvée ? Avec l’Atelier du peintre, Courbet remet en cause la hiérarchie des genres en livrant là une sorte de manifeste personnel, il élève la scène de genre au rang de la peinture historique, dont il utilise d’ailleurs le format et des thèmes. La toile est, de fait, une galerie de portraits, c’est-à-dire une réunion de figures connues, d’allégories ou simplement de différentes catégories sociales.

Il cherche ainsi à donner à tous ces genres leurs lettres de noblesse. Sous l’influence de Proudhon il se fait moralisateur et c’est le monde qu’il entend juger. Le nu peut être perçu comme une représentation allégorique de la peinture qu’il admire et qui inspire l’art de Courbet. Le sous-titre donne par ailleurs la mesure du propos ambitieux et un peu énigmatique du peintre. Courbet commente ainsi le tableau dans une lettre :  Le tableau est divisé en deux parties. Très peu de peintres se sont, jusque-là, représentés au centre de leurs œuvres.

Ses élus et réprouvés sont comme départagés par une  religion nouvelle , celle de l’artiste ou de l’art,  religion  commune aux socialistes utopiques, aux romantiques, ainsi qu’à Proudhon, ami et confident du peintre. Courbet se définissait lui-même comme un républicain  de naissance . Au centre, le peintre, son modèle et les souvenirs épars de son passé. Sur le chevalet figure un paysage de Franche-Comté, plus précisément un paysage d’Ornans que Courbet est en train de peindre, il privilégie ses origines, son milieu, son paysage natal.

Il porte un pantalon à carreaux et un veston à col rayé. Courbet, dans cette composition joue donc le rôle de médiateur, de régulateur. Devant la toile, un petit berger comtois, pieds nus dans ses sabots, avec les cheveux en bataille, regarde la toile. Il est le symbole de l’innocence, de la liberté et de la vie. Selon Courbet, il y a,  à gauche, l’autre monde de la vie triviale, le peuple, la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs, les gens qui vivent de la mort . Toujours selon Courbet, on trouve  à droite tous les actionnaires, c’est-à-dire les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l’art.