L’autorité éducative dans la classe : Douze situations pour apprendre à l’exercer PDF

Peut-on dire qu’l’autorité éducative dans la classe : Douze situations pour apprendre à l’exercer PDF y a eu une relation sexuelle librement consentie entre une enfant de 11 ans et un homme de 28 ans ? C’est un peu ce que, tous comptes faits, semblent dire les magistrats et les policiers de Pontoise ayant eu jusqu’à présent à connaître de ce qui est survenue à la petite Sarah qui, sur le chemin de l’école, croisant une nouvelle fois un homme l’a suivi jusqu’à chez lui où il l’a amenée à lui faire des fellations avant de la pénétrer.


Tout enseignant, tout éducateur se doit d’exercer une autorité. Aucun d’entre eux, d’ailleurs, ne souhaite délibérément abdiquer son autorité ! Pour autant, les injonctions à la « restauration » de l’autorité traditionnelle paraissent bien dérisoires dès lors qu’elles ne s’accompagnent ni d’une réflexion sur la nature de cette autorité, ni d’un travail sur les moyens de l’exercer à bon escient. L’ouvrage de Bruno Robbes rompt tout autant avec les lamentations passéistes sur un âge d’or de l’autorité qu’avec les préconisations simplistes sur « la tenue de classe ». L’auteur s’efforce, en revanche, de comprendre comment une autorité peut être véritablement éducative. Il souligne la nécessité de dépasser l’opposition entre contrainte et liberté afin de construire des situations où l’élève consent à s’impliquer dans ce qui lui est proposé pour accéder aux savoirs qui lui permettront de s’émanciper. Il montre aussi que cette autorité requiert une éthique professionnelle qui la rend, tout à la fois, légitime et praticable. Mais l’originalité de ce livre tient aussi dans la manière dont il s’appuie sur des situations concrètes qui, de la maternelle au lycée, permettent de comprendre où se situent les problèmes d’autorité, comment les analyser et les surmonter. Grâce à ces situations, où l’on reconnaîtra le quotidien de notre école, le lecteur pourra non seulement identifier les enjeux de l’autorité éducative aujourd’hui, mais aussi voir comment on peut concrètement s’y prendre pour y faire face. Sans dramatiser ni s’épuiser. Et même en trouvant du plaisir à enseigner ! Philippe Meirieu.

Sarah n’a pas subi de violences ou n’a pas été menacée de violences pour ces actes sexuels. Le parquet relevant l’absence de violences physiques sur la fillette en déduit qu’il n’y a pas eu viol, ni agression sexuelle, mais atteinte sexuelle à mineur. Rappelons les trois infractions qui dans cette matière peuvent être retenues. Elle est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, 7 ans si la victime est mineure.

Dans tous les cas, l’âge de la victime est une circonstance aggravante ainsi que le rapport d’autorité pouvant exister de l’un sur l’autre. La description de ce qui est survenu à Sarah et de la réaction des institutions donnée par Médiapart de ce jour suscite immédiatement la révulsion et c’est le moins qu’on puisse dire interpelle. On peut entendre que l’absence de résistance ni même d’expression formelle d’un refus interpelle. On avancera ici comme souvent, et à juste titre, que dans cette relation homme-femme que la femme est dans un état de sidération qui annihile ses capacités à résister explicitement. Admettons qu’on retienne pas ce refus intériorisé.