L’Innocence Mortelle PDF

L’ordalie, pratiquée en Occident surtout au Moyen Âge, repose sur des croyances et postulats religieux : si l’accusé est innocent, Dieu, qui le sait, l’aidera à surmonter l’épreuve. Pour autant, cette forme de justice n’était pas nécessairement mise en œuvre par des autorités religieuses. Il a la même l’Innocence Mortelle PDF germanique que l’allemand Urteil et le néerlandais Oordeel qui signifient jugement, verdict. L’ordalie consiste à faire passer à l’accusé une épreuve physique décidant de son sort.


Les accidents se succèdent sur la départementale entre Coulon et Niort. Une lumière particulière, un taux d’alcoolémie élevé, des témoins en cavale sont les seuls indices dont dispose le commandant Denis Bastien. Assisté par son ami et collègue Pierrot, il plonge dans le passé des victimes. Sans hésiter à mettre sa vie en péril, il va résoudre cette affaire où fantômes et vivants se côtoient.

L’accusé est revêtu d’habits religieux pour se soumettre à ce  jugement de Dieu  car l’épreuve se déroule sous le regard de la divinité tutélaire. L’autorité judiciaire ne fait pas appel à des preuves établies, mais à la clairvoyance de cette divinité. Bien qu’invoquant la divinité, ce mode de détermination de la preuve peut être partiellement orienté par les juges, qui décident du type d’ordalie à appliquer, plus ou moins douloureuse et dangereuse, et des circonstances de son exécution. Le procédé est attesté dès les premiers temps historiques, dans le Code de Hammurabi. Il est très courant lors de la période franque du Moyen Âge européen, au côté du serment, l’écrit s’effaçant lors de la chute de l’Empire romain. L’ordalie est apparentée à d’autres rituels consistant en une prise de risques arbitrée par le destin : exposition de nouveau-nés, combats singuliers opposant des champions pour décider d’une bataille, etc. Il y a deux sortes d’ordalies : l’unilatérale et la bilatérale.

Dans l’ordalie unilatérale, c’est à l’accusé de prouver son innocence ou son bon droit par le biais d’une épreuve sous le regard de la divinité. La main était par la suite bandée dans un sac de cuir scellé par le juge. Pour savoir si l’accusé était coupable ou innocent, on regardait trois jours plus tard l’évolution de la plaie. Si la plaie était  belle , donc bien cicatrisée, cela prouvait l’innocence. Montesquieu rapporte que la plupart des femmes accusées de sorcellerie étaient âgées, frêles, voire squelettiques car vivant en marge de la société.

Elles avaient donc tendance à flotter. On gavait l’accusé de fromage et de pain. Le vainqueur de l’épreuve prouvait par ce jugement divin le bien-fondé de sa prétention. Ce combat mortel, allant toujours à son terme, était courant pour les affaires de crimes. Instituée par Charlemagne, elle consistait pour les personnes impliquées à se placer en forme de croix, être ligotées à un poteau et réussir à tenir le plus longtemps les bras levés à l’horizontale.