La gloire de Rubens PDF

Le Christ en gloire est un sujet particulier de l’iconographie chrétienne. Jésus, le Verbe incarné, est l’image parfaite du Père, le Christ en gloire permet la représentation de la gloire divine et le dépassement de l’interdit biblique sur les la gloire de Rubens PDF, mais le débat se poursuivra longtemps comme en témoignent les querelles iconoclastes à Byzance.


Pourquoi l’un des peintres les plus illustres de l’histoire de l’art est-il aussi l’un des plus méconnus ? Philippe Muray se penche sur cette énigme. Rubens revit ; on le suit partout, à travers ses innombrables voyages, ses missions diplomatiques, ses négociations. L’Europe déchirée des guerres de religion ressuscite. On redécouvre, enfin, une uvre aussi magnifique qu’inépuisable, d’une positivité sensuelle sans égale, et où s’affirme une suprême passion : celle des corps des femmes. Avec Rubens, la peinture se fait chair. Avec lui ressurgissent toutes ces choses désormais, semble-t-il, en voie de disparition : la volupté, le désir, la violence du plaisir. Le Pays des Merveilles de l’art, en somme, comme de la littérature. « Je chante donc ce peintre, écrit Philippe Muray, parce qu’il n’est pas de notre siècle. Il y a des éternités que la peinture est dépassée, sortie du monde, rocher des couleurs arraché au globe, planète de plus en plus lointaine, et Rubens est toute la peinture. Je remonte aux sources non pieuses, non « sacrées », d’une disparition. Je ne déterre pas un mort, je révèle un furieux vivant qui m’éblouit… »

Sainte-Catherine du Sinaï, en Égypte qui constitue la représentation fondatrice. Miniature du psautier de Basile II, empereur byzantin de 960 à 1025. L’art byzantin utilisera en même temps dans les fresques et les icônes le thème du Christ rayonnant et maître du monde, debout ou assis sur un trône ainsi que la figure du Christ Pantocrator en buste. Le Christ en gloire a une attitude d’embrassement du monde ou d’enseignement plutôt qu’un geste de bénédiction : il accueille et montre le chemin de la vie éternelle.

Une figure christique s’impose : un homme mûr, barbu aux cheveux longs remplace le Christ jeune et imberbe qu’on rencontre dans les premiers siècles. Il y a parfois des signes royaux plus marqués comme la couronne sur la châsse de Saint-Viance ou des signes cosmiques comme la déchirure du ciel, la lune ou les étoiles pour souligner symboliquement le christ, lumière incréée du monde. On rencontre aussi une forme voisine appelée  Salvator Mundi  où le Christ portant un orbe dans sa main gauche tout en utilisant sa main droite pour bénir. Le Christ Pantocrator, représentation privilégiée de l’art byzantin, a été une source d’inspiration pour le Christ en gloire de l’Occident médiéval. Une différence de posture est notable entre les deux : dans le premier, seul le buste du Christ apparaît tandis que dans le second, le corps du Christ est représenté entièrement. Miséricorde divine à Vilnius en 1934 ou en Pologne en 1943.

Chanoine Denis Grivot, Christs romans, Christs en gloire, Édition du Zodiaque, 1988. Lebasquais,  Le symbolisme du Christ en Gloire , dans Le Voile d’Isis, no 184, avril 1935. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 15 octobre 2018 à 18:21.

Sir Peter Paul Rubens – Portrait of the Artist – Google Art Project. Aidé par un atelier important, Rubens produit une œuvre considérable dans des genres divers. Il accepte de peindre un grand nombre de portraits mais,  d’instinct plus porté aux grand travaux qu’aux petites curiosités  comme il l’écrivait lui-même, il prête peu d’attention aux détails, qu’il ne peint pas en profondeur et dessine de quelques traits. Sous la tonnelle de chèvrefeuille, tableau de Rubens avec Isabella Brant. Jan Rubens devient le conseiller légal de Guillaume d’Orange et s’installe ainsi à la cour de Siegen en 1570. Rubens passe ses dix premières années à Siegen.

Ayant abjuré le protestantisme pour le catholicisme, Jan Rubens a probablement fait baptiser son fils dans la foi catholique avant sa mort en 1587. C’est chez sa marraine que Rubens commence à copier les tableaux présents chez elle notamment des Véronèse, en abandonnant ses espoirs de robe d’avocat et d’armes. Anvers, il reçoit une éducation humaniste, étudiant le latin et la littérature classique. Il intervient pour inciter l’acquisition de La Madone du rosaire pour l’église dominicaine d’Anvers, et qui est aujourd’hui au Kunsthistorisches Museum de Vienne. En 1603, Rubens voyage en Espagne pour une mission diplomatique, apportant avec lui des cadeaux du duc de Gonzague à la Cour du roi Philippe III d’Espagne. Il réalise également un portrait équestre du duc de Lerme qui illustre bien l’influence des œuvres du Titien. Isabella Brant, 1620-1625, Cleveland Museum of Art.

Il retourne en Italie en 1604, où il reste pendant les quatre années suivantes, d’abord à Mantoue, puis à Gênes et à Rome où il s’illustre dans la peinture religieuse, des scènes mythologiques et de portraits. Il rédige également un livre illustré sur les palais de la ville qui est publié en 1622 sous le nom de Palazzi di Genova. Le sujet en est le pape Grégoire le Grand ainsi que des saints locaux majeurs adorant l’icône de la Vierge et l’Enfant. L’expérience italienne de Rubens continue à influencer son travail et il continue à écrire de nombreuses lettres et correspondances en italien. Ses voyages lui ont également permis de comprendre le français, l’allemand, l’italien, l’espagnol et le latin.