La syllepse : Figure stylistique PDF

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Fondée sur un principe de  » compréhension « , la syllepse a été figure grammaticale justifiant différents types d’accord complexe, avant de s’imposer comme figure de double sens :  » une espèce de métaphore ou de comparaison, par laquelle un même mot est pris en deux sens dans la même phrase, l’un au propre, l’autre au figuré  » (Du Marsais). Cet ouvrage collectif cerne les implications épistémologiques du rapport entre ces deux figures, mais l’hypothèse de travail – la syllepse, figure stylistique – a orienté les analyses vers la syllepse de sens. Déjouant la linéarité du langage par actualisation de la polysémie du signe, cette figure d’ambivalence apparaît comme une clé de la littérarité. Sa valeur discursive engage toutefois son historicité : suspecte au regard de l’exigence classique de clarté, elle est exaltée par l’esthétique néo-romantique faisant de l’ambiguïté  » un corollaire obligé de la poésie  » (Jakobson). Et les conventions de genre orientent les attentes en réception : quiproquo théâtral, ironie romanesque… L’analyse textuelle permet d’identifier, les interprétants de la figure, de montrer ses paliers (phrase, paragraphe ou strophe…) et degrés de réalisation, en insistant sur ses interactions contextuelles et sa temporalité opératoire. Le haut régime interprétatif de la syllepse met en question la notion même de figure, à travers ses critères de visibilité et de lisibilité. Moins donnée par le code rhétorique que construite dans l’exercice de lecture, elle intéresse particulièrement l’analyse stylistique dans sa double visée interprétative et esthétique.

Il s’agit donc d’une forme d’ellipse. Faire un zeugme c’est rattacher deux éléments, qui ne peuvent être mis sur le même plan, sémantiquement, à un terme commun, éventuellement — mais non nécessairement — dans le cadre d’un parallélisme. Il s’agit alors d’une figure qui provoque un effet de surprise, souvent comique, parfois poétique. C’est le fait de ne pas répéter un élément commun dans une phrase présentant deux membres parallèles. Ainsi, dans la phrase  L’un poussait des soupirs, l’autre des cris perçants , poussait n’est pas répété. Il est très fréquent et ne constitue pas une figure de rhétorique, parce qu’il n’attire pas l’attention.

C’est au contraire la répétition du terme commun qui ferait figure. Il croyait à son étoile et qu’un certain bonheur lui était dû. Ils savent compter l’heure et que leur terre est ronde. C’est le fait de rattacher deux éléments, qui ne peuvent être mis sur le même plan, à un terme commun, éventuellement — mais non nécessairement — dans le cadre d’un parallélisme. Trois marchandes de boisson et d’amour. Contre ses persiennes closes, Mme Massot tricote, enfermée dans sa chambre et dans sa surdité. Le zeugma permet principalement d’associer les registres abstrait et concret en une même construction, souvent par volonté ironique.

La figure appartient en effet à la classe des jeux de mots, proche du calembour ou du burlesque lorsque l’attelage est trivial. Sémantiquement, le zeugma joue sur le double sens, au moyen d’une double construction. Le contexte permet de faire ressortir l’implicite, très présent dans la figure qui fait l’ellipse des mots importants pour accéder au sens. Le zeugma est utile dans la versification, latine, ne serait-ce que pour la prosodie et la concision. Il est fréquent chez des poètes comme Virgile. Le regard et la main sont conjoints dans une attitude de supplication. Une traduction serrée n’est pas toujours possible.

L’accusatif latin qui rend compte d’une destination se prive parfois d’une préposition telle  in  ou  ad . Il s’agit principalement de verbes gérant une idée concrète et une idée abstraite, cette dernière n’étant pas habituellement assortie, contrairement à la syllepse, aux diverses acceptions du verbe. Les amours d’une personne ne peuvent couler comme de l’eau. De même, la pierre ne se crée pas à partir d’une chose abstraite comme la foi. Mais c’est bien la foi qui pousse à construire les lieux de culte et qui les entretient. De leur foyer et de leur cœur !

Elle lui a demandé de faire ses valises et qu’il parte immédiatement. Ce type de construction est toujours elliptique. Il évite d’avoir à répéter un même verbe, même si sa forme conjuguée doit être différente. La compréhension d’une telle phrase est un peu comparable à celle de la syllepse grammaticale. Littré fait la distinction entre  zeugma simple  où les verbes sous-entendus sont identiques et le  zeugma composé  où ils sont différents. Verbe régissant par licence poétique deux régimes différents Henri Morier a relevé un autre type de zeugma qui touche à la syntaxe. Mais si de grands poètes s’y sont aventurés, elle reste fondamentalement une faute de langage.

Le changement de régime du verbe  descendre  est probablement motivé par la compacité de l’alexandrin. Si un grammairien rigoureux rechigne à cause du solécisme, le couple des contraires  monter-descendre  passe bien à la déclamation. La paire d’opposition  vengeance-haine  n’est pas favorable, car on parle de  haine pour  mais de  vengeance contre . Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. L’alliance est assurée par la préposition  en  et renforcée par la symétrie syntaxique, aux fins d’humour. J’ai traversé la France et une crise de désespoir.

Je touche tes seins et les allocations. Le lexicologue Émile Littré reconnaissait seulement la graphie  zeugme  mais le Robert donne les deux. The new Oxford guide to writing, Oxford University Press, 1994, 327 p. I, Paris, Les Belles Lettres, coll.

Des tropes ou Des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue, Impr. Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l’abbé Batteux. Les Figures de style et autres procédés stylistiques, Paris, Belin, coll. Les Figures de style, Paris, Armand Colin, coll. Dictionnaire de rhétorique et de poétique, Paris, LGF – Livre de Poche, coll. Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. Dictionnaire de rhétorique, Paris, Armand Colin, 2001, 228 p.

Introduction à la rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion, 2005, 533 p. Dictionnaire des figures de style, Paris, Armand Colin, 2003, 218 p. Lexique des termes littéraires, Paris, Le Livre de poche, 2010, 475 p. Rechercher les pages comportant ce texte.

La dernière modification de cette page a été faite le 21 octobre 2018 à 22:26. Elle est parfois fautive, parfois acceptée et lexicalisée. Cependant, la structure en est souvent complexe, avec des sens superposés qui rendent aléatoire leur interprétation. La figure, à l’origine microstructurale, devient vite dépendante de la lecture personnelle. Ici, à la différence de l’antanaclase, qui joue sur deux fois le même terme, le mot  père  conserve le même sens de base et non une seconde acception. La syllepse qui couple, en quelque sorte, une chose concrète et une chose abstraite s’apparente à l’hendiadyn. Victor Hugo, volontiers métaphysique, n’a sans doute pas restreint l’idée d’immensité à celle de l’onde.