Liberté, égalité, carte d’identité PDF

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le liberté, égalité, carte d’identité PDF avril 2016. Aller plus loin, faire vivre l’égalité, renforcer la citoyenneté, c’est chercher sans répit, sans fausses excuses, à nous hisser à la hauteur des exigences des Français.


24 mars 2005 : l’apprentissage de La Marseillaise redevient obligatoire à l’école. Deux ans auparavant était créé un  » délit d’outrage au drapeau tricolore ou à l’hymne national « . Pourquoi cette soudaine crispation autour des symboles de la nation ? À cause de l’émotion suscitée par les incidents qui ont émaillé, en 2001, le match de football France-Algérie au Stade de France, au cours duquel La Marseillaise a été conspuée par des jeunes d’origine algérienne. L’affaire a fait grand bruit. Ces incidents ont été interprétés par les hommes politiques, de droite comme de gauche, et par les médias comme le signe indubitable de la crise du pacte républicain et des difficultés, voire de l’échec, du processus d’intégration. Qu’en est-il réellement ? Que représente donc l’appartenance nationale pour les jeunes issus de l’immigration ? On ne connaît guère le point de vue des intéressés. C’est la raison pour laquelle Évelyne Ribert a mené pendant plus d’un an une enquête de terrain en Île-de-France. Le livre qui en est issu, émaillé de récits d’observations et de paroles d’adolescents, donne à voir concrètement comment le choix d’une nationalité est vécu. On découvre que le lien que ces jeunes entretiennent avec la France ou avec le pays d’origine de leurs parents repose souvent sur autre chose que l’appartenance nationale, mais aussi que les attachements qui se tissent avec l’un et l’autre pays n’engendrent aucun écartèlement identitaire. Signe d’un changement d’époque ? Il semble en effet que le sentiment d’appartenance nationale s’affaiblisse au sein de la jeunesse, en France mais aussi dans les autres pays européens. L’idée que la nation soit au centre des représentations collectives se trouve ainsi sérieusement remise en cause.

C’est porter toujours plus haut nos ambitions . Depuis 2012, le Gouvernement a mené une série de politiques en faveur de la sécurité, du logement, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la sécurisation des parcours professionnels, de la lutte contre les discriminations, ou de l’accès au marché du travail, notamment pour les jeunes. Une vaste refondation de notre École a également été menée. Les attentats de 2015 ont mis à jour, avec encore davantage d’intensité, des fractures anciennes de la société française qui continuent de se creuser.

Elles se traduisent par la montée des racismes, des intolérances, de la tentation du repli sur soi, des communautarismes et de la peur de l’autre. La jeunesse de France est particulièrement en proie au doute. Face à ce constat, le Gouvernement a estimé que la réaffirmation et le rassemblement autour des valeurs de la République constituait un objectif impérieux, et que cet objectif ne pourrait être atteint que si ces valeurs parvenaient à s’incarner dans le quotidien de tous nos compatriotes. Le premier CIEC a ainsi déployé soixante mesures au sein d’un plan d’ensemble pour  La République en actes . Tel est l’objet du présent texte qui n’a donc pas vocation à rassembler l’ensemble des réponses de la  République en actes , mais qui vise à les compléter, de façon ciblée et transversale, là où une inscription dans la loi était indispensable ou de nature à renforcer l’action de l’État. Il répond à l’ambition d’une France engagée, au service des valeurs de la République, de la communauté nationale.

Président de la République, la généralisation du service civique et la réserve citoyenne tout au long de la vie. Il n’oublie pas les associations, premier objet d’engagement des Français. S’engager au service des autres c’est un levier pour devenir acteur de sa propre vie, c’est une étape indispensable pour accompagner l’insertion des nouvelles générations dans notre société. Mais cette insertion doit pouvoir s’appuyer sur un cadre protecteur global qui accompagne la transition vers l’autonomie des jeunes selon leurs besoins et leurs situations. Nous le savons, l’environnement et le cadre de vie influe sur les parcours individuels. Notre action doit permettre de lutter contre la  ghettoïsation  de certains quartiers, ou la formation de poches de pauvreté, qui sont autant de terreau du désespoir.

Enfin, le titre III comprend des mesures pour tendre vers davantage d’égalité. Avec ce projet de loi, c’est une France plus fraternelle que nous voulons dessiner. Il est aujourd’hui nécessaire d’aller plus loin, pour consolider la cohésion entre les générations et permettre à la jeunesse de se construire et se réaliser dans notre société en mutation, en accord avec ses principes républicains. Il s’agit de permettre à la jeunesse de vivre l’expérience de la République, d’assurer les conditions de sa participation à la vie démocratique et citoyenne, et de la soutenir dans son insertion sociale et dans la préparation de son avenir. Il s’agit également de permettre et d’encourager l’engagement de la société dans son ensemble et de tous les citoyens au profit de missions de service public et d’intérêt général, pour répondre aux menaces de division en créant les conditions du renforcement de la cohésion nationale autour des valeurs communes de liberté, d’égalité et de fraternité. Ce titre relatif à la citoyenneté et à l’autonomie des jeunes se veut un socle pour concrétiser cette promesse. L’article 1er inscrit la réserve citoyenne comme un dispositif pérenne, en définissant de façon concise son objet et sa vocation sur le renforcement des valeurs républicaines sous l’égide de l’État.