Matisse-Derain: Collioure 1905, un été fauve PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Publié dans L’Illustration, 4 novembre 1905, Les Fauves : Matisse-Derain: Collioure 1905, un été fauve PDF au Salon d’automne. France à la même période que l’expressionnisme en Allemagne en 1905 et se termine vers 1910.


Happé par la lumière du midi et ne voulant plus subir les contraintes d’aucune théorie, Matisse arrive le 16 mai 1905, pour passer l’été, dans le petit port catalan de Collioure. Là, racontera-t-il plus tard,  » travaillant devant un paysage exaltant, je ne songeais qu’à faire chanter mes couleurs, sans tenir compte de toutes les règles et les interdictions « . Le jeune Derain le rejoint au début de juillet. Une solide amitié se noue entre les deux hommes, engendrant une collaboration picturale d’une rare fécondité. A la fin de l’été, les deux artistes ont énormément produit. De ces quelques semaines d’intense activité naissent d’éclatants chefs-d’œuvre dont la violence et l’aspect parfois inachevé vont dérouter le public parisien. C’est le début du fauvisme, qui marquera le XXe siècle. L’exposition  » Matisse-Derain : Collioure 1905, un été fauve  » rassemble les œuvres faites à Collioure et parfois terminées à Paris. Les problèmes de la couleur pure sont primordiaux dans la construction du tableau et la libération des artistes face au sujet. Les œuvres réalisées par Matisse et Derain à Collioure sont réunies et confrontées pour la première fois aux paysages encore intacts aujourd’hui, créant ainsi un événement à la fois plastique et culturel. Un travail de recherche approfondi a été effectué pour l’attribution des œuvres à Collioure. Par ailleurs, leur confrontation avec les photographies de l’époque démontre l’importance du sujet et du site de Collioure.

Le mot  fauve  provient d’une expression du journaliste Louis Vauxcelles qui l’identifie historiquement à l’automne 1905, lors du Salon d’automne qui créa scandale, pour s’achever moins de cinq ans plus tard, au début des années 1910. Dans un article intitulé  Le Salon d’automne , publié dans Gil Blas le 17 octobre 1905, Louis Vauxcelles décrit le salon salle par salle. Henri Matisse, Marquet, Manguin, Camoin, Girieud, Derain, Pichot. Salle archi-claire, des oseurs, des outranciers, de qui il faut déchiffrer les intentions, en laissant aux malins et aux sots le droit de rire, critique trop aisée. Au centre de la salle, un torse d’enfant et un petit buste en marbre, d’Albert Marque, qui modèle avec une science délicate.

Le fauvisme est caractérisé par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres ont recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquent un art fondé sur l’instinct. Plusieurs influences communes peuvent être reconnues dans les œuvres de ces artistes. Vers 1900, un retour de la couleur s’avère d’autant plus violent qu’elle semble avoir difficilement supporté l’éclipse assez courte que lui ont fait subir les nabis. Les néo-impressionnistes constituent la première source. Les couleurs cristallines impressionnistes sont également reprises, notamment par Manguin, dont la palette est dominée par des tons jaunes et orangés lumineux. Raoul Dufy, quant à lui, reprend fréquemment le thème de la Rue Montorgueil de Monet, dans ses 14 juillet au Havre ou Rue pavoisée.