Monsieur Badin PDF

Hortense a dit :  Je monsieur Badin PDF’en fous ! Mais n’te promène donc pas toute nue !


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EXTRAIT:

Le cabinet du directeur. Celui-ci, installé à sa table de travail, donne des signatures qu’il éponge aussitôt.
Brusquement, il s’interrompt, allonge la main vers un cordon de sonnette.
Sonnerie, à la cantonade.
La porte s’ouvre. Le garçon de bureau apparaît.

Le directeur : ― C’est vous, Ovide ?
Ovide : ― Oui, monsieur le directeur.
Le directeur : ― Est-ce que M. Badin est venu ?
Ovide : ― Oui, monsieur le directeur.
Le directeur (stupéfait) : ― M. Badin est là ?
Ovide : ― Parfaitement.

La campagne bourguignonne est magnifique sous l’étincelant soleil printanier, et le vent du Nord rend encore la petite laine bien agréable en ce début de matinée. Le Yak11 de Michel nous attend sur le parking de Darois, ruisselant du lavage à peine terminé pour être rendu tout propre à son propriétaire après une révision et une petite interrogation à lever sur le fonctionnement du moteur. L’étoile rouge claque sur le délicat camouflage gris-bleu de sa livrée Normandie-Niemen. Avec son museau court et large et son front bas, bien campé sur ses jambes de train à l’air costaud et inclinées vers l’avant, il évoque un bouledogue tirant sur sa chaine, impatient de s’élancer sur le visiteur importun Si le Yak3 monoplace est un petit chasseur, le biplace qui en est dérivé est déjà un avion imposant. Cette allure un peu brute contraste pourtant avec l’aérodynamique, de toute évidence soignée: le moteur en étoile est précédé d’une imposante casserole qui guide avec délicatesse les filets d’air vers l’ouverture annulaire de refroidissement des cylindres, elle-même réglable par la marguerite, diaphragme en pétales d’alu actionnés pneumatiquement – comme pratiquement tout d’ailleurs sur les avions russes. Les ouïes de sortie d’air de refroidissement sont réglables elles aussi, et l’évacuent très proprement en une mince lame d’air chaud tangente au fuselage, aspirée par la dépression juste à l’extrados du bord d’attaque.

Le radiateur d’huile a aussi sa sortie réglable sous le fuselage, et une jolie prise d’air bien intégrée au bord d’attaque de l’emplanture gauche Tout ceci traduit un souci évident d’adaptation aux extrêmes du climat continental soviétique, et parait fort bien fait. Les raccordements d’emplanture d’ailes et d’empennages sont soigneusement carénés, les marchepied et accès aux servitudes sont cachés derrière des trappes parfaitement intégrées au revêtement, le tout fixé, comme les panneaux du fuselage, par des vis à tête large elles aussi noyées dans le revêtement. Ces panneaux démontables ou articulés doivent donner aisément accès à la structure et à la mécanique. Mais surtout l’aile est impressionnante, manifestement taillée pour la vitesse. Petite, très effilée et peu allongée, soigneusement réalisée et profilée et surtout très mince – tout ça devrait bien déclencher, méfiance! Le saumon n’est épais que de quelques centimètres, au point que le feu de navigation est même plus épais que l’aile!