Penser et construire l’Etat dans la France du Moyen Age (XIIIe-XVe siècle) PDF

Nature offre à Guillaume de Machaut trois enfants : Sens, Rhétorique et Musique. Il a mené une vie dans le monde laïc, au service de mécènes et en liens étroits avec la Couronne de France, et une vie ecclésiastique en tant que chanoine de Reims. Clerc lettré penser et construire l’Etat dans la France du Moyen Age (XIIIe-XVe siècle) PDF maître des arts, il a marqué pendant au moins un siècle la production artistique européenne.


Jamais entreprise collective n’a suscité autant de publications que les réflexions conduites autour de la genèse de l’Etat moderne depuis une quinzaine d’années. Remodelés, intégrés dans un ensemble, liés entre eux par une suite de présentations qui les regroupe en quatre parties, les dix huit articles ici réunis sont exclusivement consacrés à ce thème pour la période du bas Moyen Age. L’ouvrage qui s’ouvre par une large rétrospective en manière de bilan et se termine par l’évocation de nouvelles perspectives de recherche, s’interroge en quatre temps sur quatre facteurs déterminants dans la reconstruction de l’Etat depuis le début du XIIIe siècle jusqu’à l’aube du XVIe siècle. Convient-il, dans cette évolution, d’accorder à la romanité un rôle aussi déterminant qu’on a bien voulu le dire ? Dans quelle mesure le pouvoir royal restauré de faire loi a-t-il constitué un instrument de premier ordre pour redonner vie au politique ? Quelle place revient, dans cette vaste entreprise de reconstruction d’un appareil d’Etat, à des structures politiques et administratives profondément repensées ? Enfin, et peut-être surtout, comment évaluer à sa juste mesure l’impact d’une fiscalité nouvelle dont on a voulu faire un des facteurs déterminants de la genèse de l’Etat moderne ? A travers elle, c’est tout le problème qui est posé de la puissance de l’argent au cœur de l’Etat médiéval.

On ne sait rien de certain sur ses vingt premières années sinon qu’il reçut les ordres mineurs étant jeune. Il fut sans doute éduqué à Reims où il rencontra de grands seigneurs. En 1324, il composa la première œuvre que l’on connait de lui, le motet Bone Pastor Guillerme dédié au nouvel archevêque de Reims Guillaume de Trie. Il fut employé comme secrétaire de 1323 à 1346 par Jean Ier de Bohême, avec lequel il acquit l’amour de la fauconnerie, de la chevalerie et des aventures.

Ces divers voyages sont racontés dans ses œuvres Le Confort d’Ami et La Prise d’Alexandrie. Machaut parle de Jean de Bohême comme d’un roi idéal : un homme courageux et généreux. Machaut s’installa ensuite en tant que chanoine au sein du chapitre de la cathédrale de Reims, ayant renoncé à ses autres postes canoniaux à la demande du pape Benoît XII. La date de son installation est floue.

Cette vie de chanoine sera le point de départ de la période la plus féconde pour son œuvre poétique et musicale. Il posséda une maison à Reims au 4 de l’actuelle rue d’Anjou. Il s’y retira à la fin de sa vie. Jean en la cathédrale de Reims. Guillaume de Machaut survécut à la Peste noire qui dévasta l’Europe, et vécut ses dernières années à Reims, recopiant ses manuscrits et composant. Il relate une histoire d’amour tardive pour une jeune femme de 19 ans, supposée être Péronne d’Armentières, bien que cela soit contesté par d’autres. Dans son œuvre il allie les lumières d’un clerc et la vaillance chevaleresque, il est proche de son contemporain Jean III de Craon.

Comme toutes les autres productions pour l’église, ses œuvres liturgiques sont destinées à faire entendre la parole divine au cours d’un office et chantent la gloire de Dieu. Machaut et ses contemporains contribueront grandement à faire évoluer. Machaut est à nos yeux le principal représentant de cette école. Dans son œuvre profane, il se sert d’allégories et de la nature. Tel celui du légendaire Orphée, son  chant  mêle poésie et musique pour exprimer des idées et des sentiments, et s’inscrit ainsi dans la tradition poétique et musicale venue de l’Antiquité, lignée initiée, pour nous, par Homère. De manière tout aussi essentielle, il renouvelle l’art des grands polyphonistes d’église, dont il a contribué à faire évoluer les techniques ou les formes musicales, en les complexifiant et en y acclimatant de nombreuses innovations.