Quel Avenir pour nos Paroisses ? PDF

Please forward this error screen to 192. Le plaidoyer développé par la Gecamines est éloquent et il traduit un réel sentiment d’exaspération devant l’avalanche de rapports produits par de nombreuses ONG étrangères. Souvent hémiplégiques, ces dernières dénoncent plus volontiers les exactions locales que le comportement arrogant et prédateur de certaines sociétés multinationales. Cependant, même si la réaction quel Avenir pour nos Paroisses ? PDF la Gecamines est compréhensible, et derrière elle le souverainisme exprimé par les plus hauts responsables congolais, cette sainte colère serait plus crédible si elle avait éclaté plus tôt.


Nos paroisses ont-elles un avenir ? Quel sera leur rôle dans la société de demain ? Y a-t-il encore une place pour le prêtre diocésain au sein des communautés paroissiales ? Intimement persuadé que nos communautés paroissiales et leurs pasteurs doivent amorcer une descente aux sources de la foi pour y puiser l’eau primordiale des commencements, Arnaud Montoux, à partir de son expérience de jeune prêtre enraciné en terre de Bourgogne, livre ici ses intuitions sur le devenir de nos paroisses. Il propose des pistes de réflexion ouvrant d’audacieuses perspectives de renouvellement.

Car enfin, a—t-il réellement fallu 16 ans pour découvrir que les termes de l’échange étaient déséquilibrés ? Si elle est légitime, l’indignation d’aujourd’hui est bien tardive : pourquoi la justice corrompue est elle demeurée au service des riches et du pouvoir ? Pourquoi, face aux crimes économiques et aux crimes tout court, l’impunité est elle demeurée la règle ? Si la justice militaire s’est améliorée, comment comprendre que la justice civile soit restée en état ?

Attaquer les étrangers, fût-ce à juste titre, en s’abstenant de nettoyer sa maison et son entourage, cela ressemble aussi à une fuite en avant. A trois semaines des élections, Albert Yuma, le patron des patrons congolais, à la tête de la Gécamines, l’opérateur minier national, a décidé de contre attaquer. De réfuter point par point, au dollar près, les accusations de détournement qui pèsent sur sa société. Le plaidoyer pro domo rédigé par les services de la Gecamines porte un titre sans équivoque : la vérité sur les mensonges des ONG en RD Congo tandis que le sous titre indique le véritable enjeu de cette opération de communication : démontrer comment, sous couvert de morale, on voudrait priver un pays de sa souveraineté sur les matières premières. Dans le grand salon de l’hôtel Pullmann à Kinshasa, en présence de plusieurs ministres, dont She Okitundu chargé des affaires étrangères, de la presse nationale et internationale, la Gecamines a donc mené une double offensive. La première phase, assez technique, a porté sur les chiffres. Quant au bradage des actifs miniers, les affirmations de l’African Progress Panel, portant sur la vente des sites de Mutanda Mining et de Kansuki, selon lesquelles leur sous évaluation aurait fait perdre à la Gecamines donc à l’Etat congolais 634 et 116 millions de dollars, elles sont également démenties vigoureusement.

C’est la deuxième partie du rapport qui révèle les véritables ressorts de cette contre offensive menée tambour battant : la société d’Etat congolaise estime que les revenus de l’exploitation minière, générés par les partenariats avec des sociétés multinationales, n’ont pas été partagés équitablement avec les Congolais. Les dirigeants de la Gecamines reconnaissent cependant qu’à la fin de l’ère Mobutu, la société était moribonde, car elle avait servi de tire lire au régime, sans que soit réalisés de nouveaux investissements et l’effondrement de la mine de Kamoto avait scellé le glas de la production de cuivre qui n’avait plus atteint que 40. Pour relancer la production, appel avait donc été lancé aux investisseurs étrangers. Mais aujourd’hui, les Congolais entendent modifier les termes de l’échange et le rapport-réquisitoire estime que le dénigrement systématique de l’entreprise d’Etat, de l’intégrité de ses dirigeants et de ses capacités de gestion n’aurait d’autre but que maintenir un système injuste. Nous avons eu tort reconnaît aujourd’hui Albert Yuma, tort de confier aux seules multinationales étrangères le développement de nos ressources minières : nous avons proposé à des partenaires étrangers des réserves équivalant à 32 millions de tonnes de cuivre et 3,2 millions de tonnes de cobalt. Au rythme actuel des exploitations, -un million de tonnes de cuivre par an- d’ici trente ans nos gisements auront été épuisés. Et qu’en aurons nous retiré ?

Pour comprendre ce constat amer, il faut se rappeler les conditions dans lesquelles le premier Code minier a été rédigé, en 2002. A cette époque, le Congo sortait affaibli d’une guerre menée par des armées étrangères et qui avait failli consacrer sa division. En 2001, Joseph Kabila avait succédé à son père assassiné, Laurent Désiré Kabila. Le vieux révolutionnaire avait voulu mener une politique économique dirigiste , contrôler les prix et lutter contre la corruption.