Voyage à l’envers PDF

Supplément au voyage de Bougainville Denis Diderot Voyage à l’envers PDF « Au départ de Bougainville, » à « ni de tes vertus chimériques. Supplément au voyage de Bougainville, de Denis Diderot, fait référence au voyage de l’explorateur Bougainville en Océanie. Ce texte soulève le problème du colonialisme et célèbre la vie sauvage par rapport à l’homme civilisé, ici dénigré.


Voyager ce nest pas seulement partir. Le retour est un temps fort, surprenant du voyage. Il en est lultime et décisive étape, la plus aboutie. « Un Voyage à lenvers est un livre rare, qui nous invite doucement à une rencontre inédite avec nous-mêmes.

Dans cet extrait, Denis Diderot met en scène un vieillard qui se présente comme étant indifférent au départ des blancs. Au moment de ce départ, il prononce un discours violent divisé en deux parties : dans la première, il s’adresse tout d’abord aux Tahitiens puis dans la deuxième, il s’adresse directement à Bougainville. Dans ce texte, Diderot souligne l’opposition entre deux nations, les qualités des Tahitiens devant les défauts de la culture blanche. Nous verrons en quoi ce discours présente les méfaits de la civilisation, fait un éloge de la vie naturelle et sur quoi repose sa force oratoire. Problématique possible : Comment Diderot va-t-il comparer les deux types de civilisation ?

Lu par René Depasse- source : litteratureaudio. Nous avons respecté notre image en toi. Sommes-nous dignes de mépris, parce que nous n’avons pas su nous faire des besoins superflus ? Tu es entré dans nos cabaties, qu’y manque-t-il, à ton avis ? Diderot qualifie les hommes civilisés de « méchants ». Ce champ lexical renforce l’attitude des Européens envers les Tahitiens et Diderot développe le champ lexical de la violence : « funeste avenir », « fureurs inconnues », « folles », « féroces », « esclaves » et « teintes de sang ». Les mots sont appuyés grâce à des énumérations et répétitions.

L’auteur utilise également le passé composé qui renforce le caractère nocif des Européens et s’accompagne d’un processus de cause à effet « tu as tenté d’effacer ». Grâce aux champs lexicaux de la violence et de la guerre, Diderot dresse ainsi un portrait réaliste et sans concession du comportement des Européens face aux Tahitiens. Diderot emploie aussi des termes qui connotent le mépris : « vis », « corrompus », « vils », « ambitieux » qui renvoient à la question rhétorique : « Sommes-nous dignes de mépris ? L’injustice et l’immoralité dont font preuve les Européens sont marquées ici par l’intrusion de la notion de possession.

On a aussi l’émergence de besoins nouveaux : des besoins factices qui créent une hiérarchie, une jalousie. Cette injustice se traduit par l’application de la loi du plus fort dès l’arrivée des occidentaux « ce pays est à nous ». Ainsi, Diderot s’oppose ainsi à la civilisation que tentent d’imposer les colons et rejette la colonisation que pratiquent ces derniers. La vie naturelle est présentée dans ce texte sur 4 valeurs essentielles : tolérance, innocence, liberté et égalité.

Diderot défend une société s’appuyant sur l’innocence et entraînant un bonheur : « nous sommes innocents, nous sommes heureux ». Une des causes de ce bonheur est le fait que l’on est en régime de co-propriété : « tout est à tous » et « nos mœurs sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes ». Ce que les Européens appellent l’ignorance est en fait une innocence qui équivaut à une sagesse et est source de bonheur. Ils revendiquent un minimum qui rend la vie facile : le bien être et le repos sont mis en éloge : « laisse nous-reposer ». L’auteur défend également les concepts de liberté et de tolérance : « nous sommes libres ». Les Tahitiens sont les défenseurs de l’égalité entre les hommes. Lumières européennes, alors que ici c’est le supposé sauvage qui revendique cette égalité entre les hommes.

Le discours est divisé en deux paragraphes : dans le premier, le discours s’adresse aux Tahitiens et dans le second, il s’adresse directement au navigateur Bougainville. Dans la première partie de ce discours, on remarque qu’il y a un jeu d’opposition entre « vous » et « eux »: « un jour vous les connaîtrez mieux », « aussi malheureux qu’eux », « vous servirez sous eux » et en face « ils » désignent les « hommes ambitieux et méchants ». Puis dans le second paragraphe, le pronom « nous » désigne le vieillard et les Tahitiens et le pronom « tu » désigne le chef de ces « brigands ». Cette opposition marque leur style de vie. Il y a une interpellation de la personne par ce jeu d’interpellations. Le vieillard utilise de nombreuses questions rhétoriques. La symétrie cherche à renforcer l’hypothèse inversée : le vieillard met les Européens à la place des Tahitiens.